samedi 8 septembre 2012

Reconstitution du Bicentenaire de la Moskova, le 1er et 2 septembre




Nous quittons la douceur de l'autocar, pour rentrer dans la nuit et traverser un camp s'étendant sur plusieurs hectares. Durant un court instant, nous sommes comme le nouveau né devant l'inconnu, mais comme toujours, le soldat d'infanterie s'adapte, domine… et si possible vainc.




Dans l'humidité, nous recherchons longtemps ou se trouve l'infanterie française, car bien qu'il y ait trois autres camps sur le champ de bataille, nous trouvons dans le nôtre, un important parc d'artillerie, des cosaques dont la barrière est décorée des têtes coupées des nôtres, de l'infanterie russes et enfin, un lieu de restauration ou Christophe et Marc dînent gaiement d'un bol de boulgour et d'un borch (soupe) qui ici accompagne tout les repas. Quelle joie de se retrouver en territoire russe, sur le champ de bataille de la Moskova, après deux ans de projections et d'imaginaire cultivé depuis notre enfance. C'est autour d'une bière puis d'un feu que nous échangeons sur notre voyage, qui n'a connu que peu d'anicroches administratives.. Quelques attentes aux douanes, mais la préparation de notre dossier, avec photos et cartes de libre circulation a fait effet. Nous intégrons notre tente, du moins celle que nous croyons être la notre, car c'est celle de jeunes traducteurs, qui dans un langage fleuri nous demandent de les laisser seuls. C'est donc dans une tente vide que nous élisons notre quartier. Le froid nous pousse vers les feux sans chaleurs de bouleau trop vert. Et comme toujours la magie opère : de la nuit surgissent des visages amis : Baguette et ses camarades de Malte, Franck et Bernard de Iena, en Allemagne, Nigel du 21e de ligne, un anglais portant fièrement l'uniforme Français.. Y compris à Waterloo !… Les chasseurs de Montagne font parti du petit contingent de français qui a fait le voyage, cinquante environs. Nous ferons bataillons avec dit on, un peloton d'infanterie légère composé de solides russes. Mais pour l'instant nous ne le savons pas encore, car rien ne semble correspondre à la formation initiale des bataillons reçue il y a quelques mois et prévue par l'organisateur.
La formidable humidité nous empêche de dormir et bien que les heures chassent nos camarades vers leurs paillasses, nous restons quelques uns, seul dans une nuit ou tout semble possible. Les évènements insolites se succèdent, Nous en sommes les spectateurs involontaires ayant conclus d'un accord tacite de ne s'étonner de rien.
Une vivandière de Malte parlant un français impeccable, nous ravit, en chantant… Edith Piaf.
Dans la lumière du feu apparaît un homme robuste, portant une couverture sur les épaules. Il passe silencieux, s'appuyant sur un bâton, sans nous voir, il se réchauffe à nos flammes et disparaît dans le noir.
Un Cosaque de Sébastopol, vient nous parler en un bon anglais, mais enchaîne les sujets à une vitesse vertigineuse, Malte, puisque Lorna, la chanteuse, vient de cette île, puis Napoléon la Syrie, la prise de Sébastopol, le journalisme, la photographie, etc.… Comme ils nous voient désorientés, il nous demande de le suivre et ouvre son coffre, transformé en un vrai bar, ou Cognac (tout alcool coloré), vodka (alcool blanc) et nourriture (car il faut toujours manger un morceau après ces alcools forts. Puis il entreprend de nous apprendre le russe et comment chasser la fumée du feu nous suffocant par une formule incantatoire. Amusés, on essaie et cela marche !
Un soldat vient alimenter notre feu, sans en profiter, et plusieurs fois, il ressurgit de la nuit pour ce bénéfique service.
Dans les intervalles, nous continuons des conversations interrompues depuis nos dernières sorties communes, que celle-ci se soit déroulée il y a 6 mois ou deux ans. Nous parlons également de tous nos camarades qui sont restés au Dépôt : Martin et Nikki de Malte et de tous nos camarades du 18e de ligne, que nos amis étrangers connaissent.
Enfin, vaincu par la fatigue, nous allons dormir une ou deux heures.
La froide humidité me jette hors du sac. Dehors, des nappes de brouillard grisâtre se déplacent devant les efforts des premiers rayons de soleil. Et l'orient dévoile progressivement sa splendeur russe. Des gouttes de rosée me glacent le visage. Je profite du calme d'avant l'action qui contient les espoirs du monde. je savoure le moment, en regardant les ramures de bouleau, qui remue sous le souffle immatériel du jour. Une pensées pour ma tendre femme loin de là et j'ajuste le col de ma capote.

Dans l'humidité, nous recherchons longtemps ou se trouve l'infanterie française, car bien qu'il y ait trois autres camps sur le champ de bataille, nous trouvons dans le nôtre, un important parc d'artillerie, des cosaques dont la barrière est décorée des têtes coupées des nôtres, de l'infanterie russes et enfin, un lieu de restauration ou Christophe et Marc dînent gaiement d'un bol de boulgour et d'un borch (soupe) qui ici accompagne tout les repas. Quelle joie de se retrouver en territoire russe, sur le champ de bataille de la Moskova, après deux ans de projections et d'imaginaire cultivé depuis notre enfance. C'est autour d'une bière puis d'un feu que nous échangeons sur notre voyage, qui n'a connu que peu d'anicroches administratives.. Quelques attentes aux douanes, mais la préparation de notre dossier, avec photos et cartes de libre circulation a fait effet. Nous intégrons notre tente, du moins celle que nous croyons être la notre, car c'est celle de jeunes traducteurs, qui dans un langage fleuri nous demandent de les laisser seuls. C'est donc dans une tente vide que nous élisons notre quartier. Le froid nous pousse vers les feux sans chaleurs de bouleau trop vert. Et comme toujours la magie opère : de la nuit surgissent des visages amis : Baguette et ses camarades de Malte, Franck et Bernard de Iena, en Allemagne, Nigel du 21e de ligne, un anglais portant fièrement l'uniforme Français.. Y compris à Waterloo !… Les chasseurs de Montagne font parti du petit contingent de français qui a fait le voyage, cinquante environs. Nous ferons bataillons avec dit on, un peloton d'infanterie légère composé de solides russes. Mais pour l'instant nous ne le savons pas encore, car rien ne semble correspondre à la formation initiale des bataillons reçue il y a quelques mois et prévue par l'organisateur.
La formidable humidité nous empêche de dormir et bien que les heures chassent nos camarades vers leurs paillasses, nous restons quelques uns, seul dans une nuit ou tout semble possible. Les évènements insolites se succèdent, Nous en sommes les spectateurs involontaires ayant conclus d'un accord tacite de ne s'étonner de rien.
Une vivandière de Malte parlant un français impeccable, nous ravit, en chantant… Edith Piaf.
Dans la lumière du feu apparaît un homme robuste, portant une couverture sur les épaules. Il passe silencieux, s'appuyant sur un bâton, sans nous voir, il se réchauffe à nos flammes et disparaît dans le noir.
Un Cosaque de Sébastopol, vient nous parler en un bon anglais, mais enchaîne les sujets à une vitesse vertigineuse, Malte, puisque Lorna, la chanteuse, vient de cette île, puis Napoléon la Syrie, la prise de Sébastopol, le journalisme, la photographie, etc.… Comme ils nous voient désorientés, il nous demande de le suivre et ouvre son coffre, transformé en un vrai bar, ou Cognac (tout alcool coloré), vodka (alcool blanc) et nourriture (car il faut toujours manger un morceau après ces alcools forts. Puis il entreprend de nous apprendre le russe et comment chasser la fumée du feu nous suffocant par une formule incantatoire. Amusés, on essaie et cela marche !
Un soldat vient alimenter notre feu, sans en profiter, et plusieurs fois, il ressurgit de la nuit pour ce bénéfique service.
Dans les intervalles, nous continuons des conversations interrompues depuis nos dernières sorties communes, que celle-ci se soit déroulée il y a 6 mois ou deux ans. Nous parlons également de tous nos camarades qui sont restés au Dépôt : Martin et Nikki de Malte et de tous nos camarades du 18e de ligne, que nos amis étrangers connaissent.
Enfin, vaincu par la fatigue, nous allons dormir une ou deux heures.
La froide humidité me jette hors du sac. Dehors, des nappes de brouillard grisâtre se déplacent devant les efforts des premiers rayons de soleil. Et l'orient dévoile progressivement sa splendeur russe. Des gouttes de rosée me glacent le visage. Je profite du calme d'avant l'action qui contient les espoirs du monde. je savoure le moment, en regardant les ramures de bouleau, qui remue sous le souffle immatériel du jour. Une pensées pour ma tendre femme loin de là et j'ajuste le col de ma capote.
Alors, le silence laissa la place au crépitement sec d'une flamme dans l'air froid, et tournant la tête, je rejoins Marc et Christophe se démenant autour du petit feu. Quelques autres silhouettes rares se meuvent dans le brouillard, et l'on entend le craquement sec et fort de coups de hache. Il y eut soudain le son creux d'un roulement de tambour. Une lointaine trompette chanta vaguement. Les mêmes sonorités, variant dans leur puissance selon leur éloignement, arrivaient par delà la forêt. La masse humaine se trouvant dans le camp remua. Un long murmure de voix éclata dans l'air, rempli de jurons lâchés à voix basse. On s'adressa à d'étranges déités pour condamner ces heures matinales si nécessaires pour prendre nos places pour ce Bicentenaire. La voix de ténor péremptoire d'un officier résonna pour activer les mouvements engourdis des hommes. Les membres se démêlèrent. Les visages aux teintes cadavériques étaient cachés par des poignées se tortillant lentement sur des yeux : le bain matinal du soldat.
Le soleil rendit les couleurs de la vie à tous et après un déjeuner réduit à un thé sucré, nous primes la route de Shevardino, lieu des combats du 5 septembre 1812.


Nous marchions par peloton, recevant au fur et à mesure de la marche des hommes désirant intégrer notre formation, Américains, Canadien, Anglais, Badois et les superbes carabiniers de la 8e légère de Russie, coiffés due leur bonnet à poil. Mon peloton, le premier, arrivent avec 11 files, le second est formé de la 8e, le troisième greffe des corps de la confédération du Rhin autour du 3e de ligne de Jean Yves Sébastian.
Au pas, le bataillon débouche dans le champ de manoeuvre, dominé par la redoute très bien conservée à proximité du seul monument français du champ de bataille que en compte 63 !.
Ce trajet nous pris deux heures aller-retour, qui aurait pu servir à un entraînement progressif par peloton sous le contrôle de Christophe. En effet, notre camp s'étant sur plusieurs hectares et permettait cela.
A peine arrivé sur le terrain, il fallut, sous les invectives d'un aide de camp affublé d'un costume de Cuirassiers, ignorant le fonctionnement mesuré et méthodique de l'infanterie, se plier a son désire d'aller vite et bien, sans nous laisser le temps de sortir nos guides, ni de faire un peu d'exercice ni même de lancer les ordres préparatoires.
Il fallut marcher en ligne, tout de suite, puis se ployer en colonne et se déployer, sans guides ni nommer des soldats solides aux files de gauches et de droite. … Et quand je voulu prendre deux minutes pour nommer des guides, nous furent convoqués par l'état major qui nous tança, par un « cela ne va pas assez vite, cela ne marche pas ». Et former le carré.
Le chef de bataillon simplifia donc les ordres, les manoeuvres, ce qui m'obligea à une adaptation douloureuse - contre nature - mais avions-nous le choix, devant la barrière des langues et le manque d'exercice ? Les soldats souvent inexpérimentés, s'applique dans les évolutions et les officiers s'applique encore plus que d'habitudes. Tous se concentrent pour donner le meilleur d'eux-mêmes, conscient aussi d'être sur une Terre d'Histoire. Nos hommes sont parfois désorientés et semblent désolés, quand à bout de nerfs, un officier lance son épée qui se plante dans le sol souple ou quand le chef de bataillon, veut manger son chapeau. Tout en gardant le sourire, conscient de l'amalgame complexe qui nous est donné d'accomplir.
Comme durant la campagne de 1815, notre infanterie est agressive, mais sujette à ne pas suivre les ordres ou à les anticiper : changement de direction ou même départ en tirailleur intempestif, difficulté à retraiter.
Les batailles du samedi ensoleillé et du dimanche pluvieux se déroulent, selon un scénario identique. Les reconstitueurs seraient 1250 (selon des comptages non officiels : 150 artilleurs, 250 cavaliers, 850 fantassins), qui lutterons dans un nuage de troupes, à travers une fumée ne s'entrouvrant que par à coup, sous un vent intermittent.




Nous sommes en réserve dans un bois clairsemé. Les hommes en attente, observent le début de la bataille et le dispositif dense et profond des russes. Un aide de camp arrive au galop, notre chef de bataillon s'avance alors. Leurs voix sans émotions arrivent indistinctes à nos oreilles. Notre chef vient vers nous et sa voix forte nous enlève à l'abri des arbres. Dès la lisière, la fumée noie le paysage, masquant presque totalement la ligne verte qui nous fait face et le squelette fumant du village de Sénénoskoïé. La prairie souple sous nos pieds masque le bruit des pas, mais le cliquetis des équipements nous donne le rythme et nous unis Marc, Eddy et Daniel sont dans l'unité de têtes et nous avançons portés par les cris scandés de nos camarades, fier de leur uniforme et furieux contre les troupes qui osent nous tenir tête. Le premier peloton, ainsi poussé, fait feu à deux reprises et aussitôt aborde l'ennemi dans le village. Le choc est violent, incertain…Les officiers russes avec qui je lutte ne se laissent pas impressionner et leurs soldats ne reculent qu'après une poussée énergique et ordonnée. Mais d'autres bataillons français entrent dans le village et les Russes qui ne sont pas au sol, s'échappent ! Et sont aussitôt remplacé par une nouvelle ligne d'infanterie. Sans les ruines du village, nous serions désorientés au milieu des masses d'infanterie. Une batterie d'artillerie se place à notre droite et cette fois les russes cèdent. Après un échange de feu, le Chef de Bataillon envoie les légers s'assurer de la tête de pont et plaçant les deux autres pelotons par le flanc, nous le fait franchir en pas accéléré. La montée est rude, mais par un « front », nous nous plaçons face à l'ennemi qui recule vers la grande redoute.









Epaulés par d'autres bataillons et par plusieurs batteries d'artillerie à notre gauche, nous progressons vers les lignes russes, mais de nombreuses charges de hussards verts et cosaques, nous obligent à stopper. Nous formons le carré à chacune des dix charges que nous encaissons. Plusieurs fois l'état major de notre division vient chercher refuge dans notre carré. J'entendis alors un beau dialogue : le général remercia le Chef de Bataillon de son hospitalité pour lui et ses aides de camps et notre Christophe de répondre, qu'ils seront toujours les bienvenus dans le carré inexpugnable du 18e de ligne. Visiblement le scénario laisse la Grande Redoute aux Russes et nous n'irons pas plus loin.







Les charges des 250 cavaliers, constitués en brigade s'élancent par vagues sur ce champ de bataille enherbé et souple, qui fait le bonheur des cavaliers jusqu'à la fin de la bataille. Dans le lointain, l'hélicoptère présidentiel Russe s'éloigne.
De même, nous quittons le champ de bataille sous escorte policière, visiblement détendue depuis le départ du Président.





Le Dimanche matin, nous retournons à Shevardino pour une cérémonie présidée par M. Valery Giscard D'Estaing, le ministre de la culture russe et Oleg Sokolov.




Les deux premiers parlent de la paix entre les peuples et donnent leur vision apaisée et œcuménique de la bataille, tandis que le dernier nous donne une fois son feu en rendant hommage à tous les reconstitueurs. Oleg Sokolov a commencé en 1978 les premières reconstitutions ici, avec quelques soldats, puis au fil des années l'évènement s'est étoffé et en 2012, nous réalisons son rêve, voir revivre le XIXe siècle et pour cela, il nous dit, ému lui aussi, un immense merci. Un hommage est rendu aux morts de toutes les nations et un peu plus tard, à tous les reconstitueurs russes, ayant disparu par les hasards de la vie.

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mercredi 5 septembre 2012

Smolensk

Le 31 Août Smolensk
Ce soir nous dormons sur le champ de bataille de la Moskova et retrouvons nos camarades, les sacs doivent être repensés car nous arriverons tard, en arme et avec un bagage très réduit pour pouvoir se déplacer rapidement. Le lieu du rendez-vous nous est inconnu mais nous gardons l'optimisme résigné que nous avons acquis lors de tous les évènements ultérieur.
Dans la découverte de la ville et de ses remparts, nous sommes accompagnés par un guide, qui passe beaucoup de temps à exhumer l'histoire et à concevoir des cartes pédagogiques.


La bataille du 15 au 18 août est sanglante et son résultat est amer. Les russes se retirent , protégé par les flammes. Sur les 2250 maisons, seules 350 échappent à l'incendie.



Le rempart aux merlons en queue d'hirondelle est bastionné de tours que l'on retrouve sur les illustrations de Faber du Faur, qui était dans le 3e corps du Maréchal Ney comme le 18e de ligne.



Celui-ci est conservé en réserve durant les journées du 15 au 18 août 2012. Il n'a toujours pas combattu et compte pourtant 1 200 hommes en arrière sur les 3 800 ayant traversé le Niemen.

L'icône de Smolensk est un symbole si fort pour les Russes d'alors et d'aujourd'hui, qu'en 1812 et 1941, les Russes ont emporté loin de l'ennemi ce Pieu Symbole. Promené sur un avant train d'artillerie, elle voyage avec l'armée. A Borodino, les troupes s'agenouillent avec passion devant l'icône et sont bénies par les popes avant de monter au combat. Koutouzov n'a pas négligé ces deux puissants alliés, que sont la religion et l'âme russe.




Nous reprenons la route. Smolensk s'éloigne peu à peu dans le lointain, se teintant d'un bleu qui la rend irréelle. Je m'imagine la Grande Armée, excédée de fatigue et n'aspirant qu' à se reposer dans cette ville, frontière avec l'inconnue. Elle aspire follement à se reposer à Smolensk. Mais après réflexion, l'empereur donne l'ordre de marcher en avant. Imaginons la sourde angoisse s'installant dans les âmes. La Grande Armée a eu l'impression d'être un immense navire naufragé abandonnant l'île sur laquelle il venait de s'échouer pour repartir se perdre dans l'océan. Et cette océan Russe continue à l'absorber et la dissoudre. La colonne principale, celle qui suivait la grande route ne trouvait rien, celles de droite et de gauche dévorait ce que les paysans russes ne pouvaient emporter.
C'est au sortir de cette ville que la 18e s'engage pour la première fois de la campagne à Loubino (Valoutina-Gora) le 19 août 1812. A 4h du matin, le colonel reçoit l'ordre de franchir le Dniepr. Le 18e forme la tête de la colonne de la division Razout, elle veut s'avancer vers les hauteurs quand, après avoir mis en fuite un rideau de cosaques, elle se heurte à 35 500 ennemis. Le combat s'engage sur un rapport de force défavorable et la division Ledru est loin. Mais les hommes exécutent les mouvements sans comprendre nettement ce qui les entoure. Les bataillons se déploient en ligne, envoyant leurs voltigeurs en tirailleurs et s'engagent contre l'ennemi par une vive fusillade qui se prolongea jusqu'à la nuit. Nous ne perdîmes pas un pouce de terrain et nous n'en gagnâmes pas sur l'ennemi. Notre perte fut de 250 hommes, le capitaine Pascal d'une compagnie de voltigeur fut tué.




Le 20, l'empereur passa en revue le Régiment, décora le colonel et nomma aux emplois vacants…
En avril 2012, une fosse commune a été découverte à Lobino. Cet été, Oleg Sokolov et le 18e de Ligne présent en Russie ont rendu les hommages aux restes des soldats ré inhumés. Un participant russe particulièrement ému a déclaré à Oleg : « mais ce sont les nôtres qui sont tombés là ».


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Polotsk - Vitebsk

Le 30 août 2012 - Polotsk - Vitebsk
La route vers l'est est infinie, après une plaine verte, une autre plaine, bordée de forêt. Comme nous le constaterons au bivouac, ce bois, ironie de la nature, a une écorce qui facilite l'allumage d'un feu, ne diffuse que peu de chaleurs. Peu de cultures le long de la route de Moscou. Tout a été difficile, dur pour les soldats et les chevaux de la Grande Armée. Ce territoire est un défi d'adaptation, qui se laisse dominer, mais absorbant les énergies vitales.



Nous atteignons Polotsk, cadre des combats victorieux sur l'aile gauche de la Grande Armée les 15 au 21 août 2012. Plus tard et au même endroit, les russes repousseront les Français les 17 et 18 octobre, date ou Napoléon a quitté Moscou.



Nous rejoignons la route principale de la Grande Armée à Bologoïe (séjour de Napoléon du 18 au 21 juillet) et à la fin de la journée, en longeant le Dvina, nous sommes à Vitebsk. C'est le 26 juillet 1812 qu'après d' âpres combats, la ville fut prise par les Français. La maison du palais du Gouverneur, situé sur la colline de l'Assomption, servi de logement à Napoléon.

Dans le même parc, on trouve le monument dédié à la Guerre Patriotique de 1812.



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Le coin du topographe

Ce qui me marque particulièrement au début de ce voyage , c'est la multicolorisation vive des bâtiments et isba. La tres grande majorité des isbas sont peintes en couleurs vives souvent avec des couches horizontales différentes. L'effet sur des maisons d'un étage maximum est garantie !

De même tous les bâtiments en brique rouges sont peints en blanc ou en jaune.

L'autre intérêt de ce voyage est de voir directement les terrains existants. La Russie est encore pas mal préservée au niveau de ses champs de bataille, ce qui permet de valider le type de terrain.
Par exemple, la traversée de la Polota à Polotsk est impressionnante. le ruisseau bien que peu profond pose de gros problèmes aux unités dus aux escarpements des rives et de leur végétation. C'est clairement un terrain difficile pour l'infanterie et la cavalerie et impassable sans travaux à l'artillerie






jeudi 30 août 2012

Journée du 29 août 2012

Sous les bâtiments restaurés de Lituanie, on se plaît a laisser voir à travers le plâtre les pierres du passé. C'est ainsi que la Lituanie par petite touche laisse voir aux Chercheurs de 1812, les traces du passé.


Frais et curieux de la journée, Eddy et Daniel me précèdent dans les rues de Kaunas, ou le groupe s'égaie d'églises en maison hanséatique. Dans la vieille ville, les gens sont rares, affairés sans doute. De rares femmes avancent à grands pas, grandes et arborant fièrement de longues chevelures d'or fin. De petits étals de légumes sont alignés presque militairement le long de l'avenue.
Nous franchissons le Niémen par le pont le plus long du monde. En effet, jusqu'en 1918, le Niemen séparait le calendrier Julien, et Grégorien et une traversée de200 m de large se faisait donc en 12 jours.
Voici dans le paysage qui vit du 24 au 27 juin 1812, le passage du Niemen par les 220 000 hommes du corps principal de la Grande Armée.


Le paysage représenté par Faber du Faur, nous apparait assez fidèlement. La boucle du Niemen, la colline photographiée ici est le promontoire nu dominant le Niémen de la gravure et les autres reliefs sont présents. Le bus est garé sur le parcours des colonnes s'étant dirigée vers le pont à droite de cette colline.


Ségur nous dit : à trois cents pas du fleuve, sur la hauteur la plus élevée, on apercevait la tente de l'empereur: Autour d'elle toutes les collines, leurs pentes, les vallées, étaient couvertes d'hommes et de chevaux. Dès que la terre eut présenté au soleil toutes ces masses mobiles, revêtues d'armes étincelantes, le signal fut donné, et aussitôt cette multitude commença à s'écouler en trois colonnes, vers les trois ponts. On les voyait serpenter en descendant la courte plaine qui les séparait du Niémen, s'en approcher, gagner les trois passages, s'allonger et se rétrécir pour les traverser…
Le même jour, Pelleport, colonel du 18e de ligne, est à la tête de 3 800 hommes ayant du biscuit pour 15 jours.
Le régiment est à 3 bataillons de 6 compagnies. Il appartient au 3e corps du Maréchal Ney, 2e division de Razout, 2e brigade de Joubert. Nous faisions brigade avec le 4e de ligne, commandé par Fezensac, qui lui aussi a laissé des mémoires saisissantes.
Le chemin de la Grande Armée sur la route de Moscou porte encore le nom de rue des français « Prancuzu ». Un officier hors de force, aurait été caché puis soigné par la population lituanienne et aurait fait souche sur les bords de la route qu'il avait pris en juin pour dévaster ce sol étranger et que ses compagnons devaient bientôt couvrir de ses vastes débris…
Au bout d'une plaine à peine ondulée, la forêt préserve de son ombre la vielle de route, devenue chemin de randonnée. Cette piste en forte pente traverse le ravin de Pomary, qui domine les faubourgs de Vilna est un effort pour le randonneur qui la parcourt. Pour les hommes désunis et pour les derniers convois, elle fut le 9 décembre, un obstacle infranchissable.


Mais pour l'heure, comme les troupes de ce juin 1812, la vue des clochers et la descente favorise notre progression vers Vilnius, ou, l'on pénètre comme à l'époque par la porte Aurore.


C'est donc à pieds que nous découvrons durant deux heures, une ville d'art ou le néo classicisme domine.




Les ombres s'allongent dans l'heure dorée et invite à l'introspection. La visite s'achève par le cimetière paysager d'Antalkanio pour rendre un hommage aux soldats de l'Armée des Vingt Nations ré inhumés ici.




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mercredi 29 août 2012

La Lituanie

Ce voyage permet aussi de découvrir un pan de l'histoire européenne, l'existence du Grand-Duché de Lituanie et de ses voisins , les Teutoniques et la ligue Hanseatique.
C'est ainsi que nous avons parcouru la vieille ville de Kaunas (Kovno), deuxième ville de Lituanie.
Nous avons découvert les ruines recontruites d'un château en brique du XIII° , première fortification en dur de la Lituanie naissante mais rasée en 1362 après un siège des chevaliers Teutoniques





Parmi les différentes maison de la vieille ville en brique rouge , une magnifique maison gothique datant de la fin du XV° nous rappelle les liaisons entre le grand duché et la ligue Hanseatique.



Sur la route entre Kaunas et Vilnius, le château de Trakai mérite à lui seul le séjour dans cette région. Située dans une région de lacs, cette ville est la première capitale Lituanienne (avant le transfert à Vilnius) et le château (lui aussi reconstruit ) situé sur une île est une véritable perle :




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De Varsovie la Polonaise à Kovno la Russe

Le 28 août 2012

Après un long voyage employant tout les moyens de transports hormis le cheval, nous arrivons en terre polonaise au château de Pultusk. Pendant le repas, Daniel qui a disparu, revient guilleret. Il a découvert dans les étages et les méandres de ce grand château, la chambre ou Napoléon aurait connu l'amour avec Marie Waleska et un des pire moment de solitude, ou le 9 décembre 1812 au soir, il passe, vaincu et empressé vers Paris. Quels sont les pensées qui animent son front, cette nuit de solitude ?


Après le repas, Natalia notre Historienne, illustre la verte campagne polonaise que nous traversons en nous racontant les difficiles relations de la Russie et de Napoléon de la campagne de Pologne jusqu'à l'entrée en guerre le 22 juin 2012. Ces récits forts vivant nous occupent un moment, mais laisse le champ libre durant les 6 heures de voyages pour les occupations dont on a loisir, ebooking et musique pour Eddy, sieste ou le diaporama de 10 ans de photos pour Daniel et moi… Long temps de voyage, la frontière Lithuanienne est franchie, puis dans la nuit, des lumières se reflètent sur un long serpent aux écailles brillantes que nous finissions par traverser : nous franchissons le Niemen de nuit, comme la Grande Armée, mais sur un solide pont datant de l'Union Soviétique.


L'arrivée à l'hôtel très tardive ne nous laisse pas le loisir d'aller plus avant dans le récit…D'autant plus que le fuseau horaire de la Lithuanie fait compter 1 heure de plus que celui de Paris : 11 hoo deviennent minuit et justifie la fin de cette page et de notre journée.

Henri

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